La méditation

Sommaire
Principes généraux
Méthode sulpicienne
— Méthode ignatienne
— Méthode salésienne


Principes généraux

« Lève-toi, loue Dieu pendant la nuit, au commencement des veilles ; répands ton cœur comme de l’eau devant le Seigneur »

Lm 2, 19

« Quand nous pensons aux choses divines, non pour apprendre, mais pour nous affectionner à elles, cela s’appelle méditer ; et cet exercice, méditation, auquel notre esprit, non comme une mouche par simple amusement ni comme un hanneton pour manger et se remplir, mais comme une abeille sacrée, va çà et là sur les fleurs des saints mystères pour en extraire le miel du divin amour. […] La méditation n’est autre chose qu’une pensée attentive, réitérée ou entretenue volontairement en l’esprit, afin d’exciter la volonté à des saintes et salutaires affections et résolutions »

Saint François de Sales, Traité de l’amour de Dieu, Livre VI, chapitre 2

La méditation est un des éléments de la vie chrétienne. A ce titre, elle est essentiellement ordonnée à Dieu, Principe et Fin de toutes choses, Créateur et Seigneur du Ciel et de la terre. La méditation chrétienne, par le recueillement et le détachement, par l’union à Dieu, la pénétration des saints mystères et les pieuses affections, est un moyen de sanctification et un guide sûr vers le port du Salut. Dieu en a même fait un commandement à Josué :

« Que le livre de cette loi soit continuellement en ta bouche ; aie soin aussi de la méditer jour et nuit, afin que tu observes et que tu fasses tout ce qui est écrit. C’est alors que tu rendras ta voie droite, et que tu t’y conduiras avec intelligence. »

Jos 1, 8

La méditation est un type de prière mentale. Elle se rattache donc aux considérations suivantes :

« La prière est une pieuse élévation de l’âme vers Dieu pour bien le connaître, l’adorer, le remercier et lui demander ce dont nous avons besoin »

Catéchisme de saint Pie X

« L’oraison n’est qu’un Entretien d’amitié où l’âme parle cœur à cœur avec Celui dont elle se sait aimée. »

Sainte Thérèse d’Avila

Tout le monde peut faire oraison. Chaque jour, les affaires personnelles, domestiques ou professionnelles occupent notre esprit. On doit penser à faire ceci, à ne pas oublier cela. Du matin au soir, on réfléchit sur nos affaires quotidiennes et on prend des résolutions à leur sujet. On fait une sorte de méditation des choses du monde. Pourtant, qu’est-ce que ces choses à côté de notre salut ? Est-il si compliqué d’y réfléchir et de penser à Dieu ? Une affaire si importante mérite bien notre attention, malgré les sollicitudes et les agitations du monde. Les enfants, les vieillards, les pauvres, les princes, les soldats, les ouvriers, les saints et les anges, tout le monde peut faire oraison. Il est d’ailleurs touchant et admirable de considérer que Dieu nous ait donné un moyen si simple pour le louer et nous sauver. L’oraison est vraiment tout ce qu’il y a de plus sublime dans la religion : c’est la vie du ciel commencée ici-bas. Faisons la avec confiance, humilité, respect et attention.

« Celui qui prie se sauve certainement, celui qui ne prie pas se damne certainement »

Saint Alphonse de Liguori, Le grand moyen de la prière, chapitre 1, section 4

Dans ses Exercices spirituels, qui comportent de nombreuses méditations, saint Ignace de Loyola nous montre leur importance :

« Préparer et disposer l’âme à se défaire de toutes ses affections déréglées et, après s’en être défait, à chercher et à trouver la volonté de Dieu dans le règlement de sa vie, en vue de son salut »

Saint Ignace, Exercices spirituels

La méditation met en œuvre les vertus propres du chrétien :

« Les vertus propres du chrétien sont les vertus surnaturelles et spécialement la foi, l’espérance et la charité. Ces trois vertus sont appelées théologales ou divines, parce qu’elles ont Dieu même pour objet et pour motif »

Catéchisme de saint Pie X
  • Par l’approfondissement des mystères de la religion, Dieu nous fait la miséricorde de surélever notre intelligence pour nous faire participer à sa connaissance. Cela découle de la foi, don surnaturel de Dieu grâce auquel notre intelligence adhère avec certitude aux vérités qu’il a révélées et qu’il nous propose de croire par son Eglise. La foi rend juste et le juste vit de la foi (Ga 3, 11). De plus, sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu (He 11, 6)
  • La contemplation des belles vérités de la religion nous montre l’infinie bonté de Dieu, qui veut que tous les hommes soient sauvés (1 Tim, 2,4). Elle nous dévoile sa toute puissance et nous apprend qu’il n’y a rien de difficile à Dieu (Gn 18, 14). Mus et dirigés par sa grâce, nous désirons ardemment être semblable à lui et le voir tel qu’il est (1 Jn 3, 2). C’est ici l’espérance qui entre en jeu, vertu surnaturelle par laquelle nous avons confiance en Dieu, et attendons de lui la vie éternelle et les grâces nécessaires pour la mériter ici-bas par les bonnes œuvres
  • Par les pieuses affections que nous produisons, nous manifestons que nous aimons Dieu pour lui-même, de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit et de toutes nos forces (Mc 12, 30). Par cet amour de dilection surnaturelle, notre préoccupation principale est de nous unir à Dieu, Souverain Bien, digne d’un amour infini.

En somme, la méditation est un trésor à conserver, un germe à faire fleurir, une grâce à faire fructifier. Bien faite, soignée, cordiale et généreuse, elle vous imprégnera de l’esprit de Jésus-Christ, Voie, Vérité et Vie (Jn 14, 6). Cette profonde vie intérieure, siège de la grâce par excellence, est éminemment pratique. Elle rejaillit naturellement sur la conduite en l’ornant de la suavité des vertus les plus solides : prudence, force, justice, tempérance, douceur, humilité, obéissance, amabilité, patience. La vie intérieure rend la religion éminemment aimable. Elle fait de celui qui la cultive un instrument de Dieu pour la conversion des âmes. Elle est l’Ame de tout Apostolat (Voir le livre de Dom J. B. Chautard) et nous procure la vraie dévotion :

« Qui n’est autre qu’une agilité et vivacité spirituelle par le moyen de laquelle la charité fait ses actions en nous, ou nous par elle, promptement et affectionnément ; et comme il appartient à la charité de nous faire généralement et universellement pratiquer tous les commandements de Dieu, il appartient aussi à la dévotion de les nous faire faire promptement et diligemment »

Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, Partie I, chapitre 1

Imitons notre sainte Mère :

« Marie conservait toutes ces choses, les repassant dans son cœur »

Lc 2, 19

La méditation est donc profitable à tous. Elle doit être adaptée aux capacités et aux occupations de chacun et ne doit pas empiéter

  1. sur les pratiques fondamentales de la vie de prière
  2. sur l’apprentissage de la religion
  3. sur le salutaire acquittement de notre devoir d’état (dont les deux premiers points font partie)

Il est très utile d’avoir l’avis de son directeur spirituel sur ces points pratiques.

Il existe dans l’Eglise catholique plusieurs méthodes sûres et éprouvées permettant de s’exercer à la méditation. L’une d’entre elles est la méthode dite sulpicienne (issue de la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice et en particulier de son fondateur le Père Ollier, maître de « l’école française de spiritualité »). Vous pouvez trouver sur ce site un exposé de la méthode sulpicienne et plusieurs méditations réalisées dans cet esprit par le R. P. Jean-Marie Hamon, curé de Saint-Sulpice entre 1851 et 1874. De tout notre cœur, nous souhaitons que ces méditations vous soient profitables.

Mathis C.


Méthode sulpicienne

L’ouvrage du père Hamon a été rédigé selon la méthode de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-Sulpice. Elle comporte :

  • Une préparation :
    • Eloignée
    • Prochaine
    • Immédiate
  • Un corps :
    • L’adoration
    • La communion à l’esprit de Jésus-Christ
    • La coopération
  • Une conclusion :
    • Une action de grâce
    • Un acte de contrition
    • Une demande de bénédiction
    • La formation d’un bouquet spirituel
    • Le don à la Très Sainte Vierge

1° Partie : Prépatation

Eloignée1°Pureté de conscience : fuite du péché véniel consenti

2° Mortification des passions

3° Recueillement habituel
Prochaine1° La veille au soir, à l’aide d’un livre de méditations, faire le choix du sujet d’oraison et déterminer d’une façon précise :

a) ce qu’il faudra adorer en Jésus-Christ
b) les considérations et les demandes qu’il faudra faire
c) les résolutions qu’il faudra prendre


2° Se tenir dans un grand recueillement jusqu’au lendemain matin.


3° Après son lever, prendre le premier moment libre pour vaquer, durant le temps convenu, à ce saint exercice.
Immédiate 1° Se mettre en la présence de Dieu qui est partout, et surtout en notre cœur

2° S’humilier devant Dieu au souvenir de ses péchés. Contrition. [Récitation du Confiteor]

3° Se reconnaître incapable de prier comme il faut. Demander à Dieu la grâce de bien imprimer ses saints conseils dans nos cœurs et la force de les mettre en œuvre. [Invocation au Saint-Esprit : récitation du Veni, Sancte Spiritus]

2° Partie : Corps de l’oraison (pendant la lecture de la méditation)

Adoration1° Considérer en Dieu, en Notre-Seigneur ou en quelque Saint le sujet

2° Lui rendre nos devoirs : adoration, admiration, louanges, actions de grâces, amour, joie ou compassion
Communion1° Se convaincre de la vérité considérés, par des motifs de foi ou par raisonnement

2° Faire réflexion sur soi avec des sentiments de contrition pour le passé, de confusion pour le présent, de désir pour l’avenir pour toutes les fois où nous sommes allés contre ces divins conseils et ces saintes vérités

3° Demander à Dieu la vertu sur laquelle on médite. Demander aussi
Coopération Produire de pieux et affectueux mouvements du cœur vers Dieu. [Prendre une résolution particulière, présente, efficace, humble]

3° Partie : Conclusion

  1. Remercier Dieu de nous avoir souffert en sa présence dans l’oraison et de nous y avoir accordé tant de grâces.
  2. Lui demander pardon de nos fautes et de nos négligences dans ce saint exercice.
  3. Le prier de bénir nos résolutions, la journée présente, notre vie, notre mort.
  4. Former un bouquet spirituel, c’est-à-dire choisir une des pensées qui nous ont plus davantage, pour nous en souvenir dans la journée et rappeler nos résolutions.
  5. Confier le tout à la Très Sainte Vierge

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