La méditation

Sommaire
Principes généraux
Méthode sulpicienne
— Méthode ignatienne
— Méthode salésienne


Principes généraux

« Lève-toi, loue Dieu pendant la nuit, au commencement des veilles ; répands ton cœur comme de l’eau devant le Seigneur »

Lm 2, 19

« Quand nous pensons aux choses divines, non pour apprendre, mais pour nous affectionner à elles, cela s’appelle méditer ; et cet exercice, méditation, auquel notre esprit, non comme une mouche par simple amusement ni comme un hanneton pour manger et se remplir, mais comme une abeille sacrée, va çà et là sur les fleurs des saints mystères pour en extraire le miel du divin amour. […] La méditation n’est autre chose qu’une pensée attentive, réitérée ou entretenue volontairement en l’esprit, afin d’exciter la volonté à des saintes et salutaires affections et résolutions »

Saint François de Sales, Traité de l’amour de Dieu, Livre VI, chapitre 2

La méditation est un des éléments de la vie chrétienne. A ce titre, elle est essentiellement ordonnée à Dieu, Principe et Fin de toutes choses, Créateur et Seigneur du Ciel et de la terre. La méditation chrétienne, par le recueillement et le détachement, par l’union à Dieu, la pénétration des saints mystères et les pieuses affections, est un moyen de sanctification et un guide sûr vers le port du Salut. Plus simplement, en nous faisant penser régulièrement à Dieu et à la religion, la méditation nous pousse à vivre une vie plus chrétienne. Elle permet de remettre devant nos yeux les vérités révélées par Dieu et les vertus chrétiennes, elle nous entraîne à mieux nous connaître (nos défauts), nous aide à mieux régler notre vie et nous habitue à avoir une relation vivante et concrète avec Dieu au quotidien. C’est pour cela que les saints recommandent tous la méditation et expliquent que sérieusement et régulièrement faite, elle est incompatible avec l’état habituel de péché mortel, ce qui est suffisant pour démontrer son efficacité ! La méditation développe tellement de bonnes habitudes, de bons réflexes de vie chrétienne (la vie surnaturelle chrétienne devient alors « comme une seconde nature ») et renforce tant les convictions que tout ce qui s’y oppose (les mauvaises habitudes, les péchés, la tiédeur qui alourdit et engourdit la vie spirituelle) est comme chassé de l’âme, incapable (ou beaucoup plus difficilement) d’y entrer (bloqué par l’accumulation de la grâce, des vertus, des bonnes pensées): comme deux liqueurs, une bonne et une mauvaise, qui s’affronteraient pour remplir un même et unique contenant. La bonne liqueur, c’est la grâce et les vertus chrétiennes qui unissent à Dieu, la mauvaise, c’est le péché et les vices qui nous détournent de Dieu. Le contenant, c’est notre âme. Avec cette image, la méditation serait une fontaine de bonne liqueur, alimentant constamment le contenant et empêchant la mauvaise liqueur de le souiller! C’est pour cela que l’Eglise demande à ses prêtres de méditer quotidiennement. Dans l’Ancien Testament, Dieu en a même fait un commandement à Josué :

« Que le livre de cette loi soit continuellement en ta bouche ; aie soin aussi de la méditer jour et nuit, afin que tu observes et que tu fasses tout ce qui est écrit. C’est alors que tu rendras ta voie droite, et que tu t’y conduiras avec intelligence. »

Jos 1, 8

La méditation est un type de prière mentale. Elle se rattache donc aux considérations suivantes :

« La prière est une pieuse élévation de l’âme vers Dieu pour bien le connaître, l’adorer, le remercier et lui demander ce dont nous avons besoin »

Catéchisme de saint Pie X

« L’oraison n’est qu’un Entretien d’amitié où l’âme parle cœur à cœur avec Celui dont elle se sait aimée. »

Sainte Thérèse d’Avila

Tout le monde peut faire oraison. Chaque jour, les affaires personnelles, domestiques ou professionnelles occupent notre esprit. On doit penser à faire ceci, à ne pas oublier cela. Du matin au soir, on réfléchit sur nos affaires quotidiennes et on prend des résolutions à leur sujet. On fait une sorte de méditation des choses du monde. Pourtant, qu’est-ce que ces choses à côté de notre salut ? Est-il si compliqué d’y réfléchir et de penser à Dieu ? Une affaire si importante mérite bien notre attention, malgré les sollicitudes et les agitations du monde. Les enfants, les vieillards, les pauvres, les princes, les soldats, les ouvriers, les saints et les anges, tout le monde peut faire oraison. Il est d’ailleurs touchant et admirable de considérer que Dieu nous ait donné un moyen si simple pour le louer et nous sauver. L’oraison est vraiment tout ce qu’il y a de plus sublime dans la religion : c’est la vie du ciel commencée ici-bas. Faisons la avec confiance, humilité, respect et attention.

« Celui qui prie se sauve certainement, celui qui ne prie pas se damne certainement »

Saint Alphonse de Liguori, Le grand moyen de la prière, chapitre 1, section 4

Dans ses Exercices spirituels, qui comportent de nombreuses méditations, saint Ignace de Loyola nous montre leur importance :

« Préparer et disposer l’âme à se défaire de toutes ses affections déréglées et, après s’en être défait, à chercher et à trouver la volonté de Dieu dans le règlement de sa vie, en vue de son salut »

Saint Ignace, Exercices spirituels

La méditation met en œuvre les vertus propres du chrétien :

« Les vertus propres du chrétien sont les vertus surnaturelles et spécialement la foi, l’espérance et la charité. Ces trois vertus sont appelées théologales ou divines, parce qu’elles ont Dieu même pour objet et pour motif »

Catéchisme de saint Pie X
  • Par l’approfondissement des mystères de la religion, Dieu nous fait la miséricorde de surélever notre intelligence pour nous faire participer à sa connaissance. La méditation permet donc d’augmenter la vertu de foi, ce don surnaturel de Dieu grâce auquel notre intelligence adhère avec certitude aux vérités qu’il a révélées et qu’il nous propose de croire par son Eglise. La foi rend juste et le juste vit de la foi (Ga 3, 11). De plus, sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu (He 11, 6)
  • La contemplation des belles vérités de la religion nous montre l’infinie bonté de Dieu, qui veut que tous les hommes soient sauvés (1 Tim, 2,4). Elle nous dévoile sa toute puissance et nous apprend qu’il n’y a rien de difficile à Dieu (Gn 18, 14). Mus et dirigés par sa grâce, nous désirons ardemment être semblable à lui et le voir tel qu’il est (1 Jn 3, 2). La méditation permet donc également d’augmenter la vertu d’espérance, cette vertu surnaturelle par laquelle nous avons confiance en Dieu, et attendons de lui la vie éternelle et les grâces nécessaires pour la mériter ici-bas par les bonnes œuvres
  • Par les pieuses affections que nous produisons, nous manifestons que nous aimons Dieu pour lui-même, de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit et de toutes nos forces (Mc 12, 30). Par cet amour de dilection surnaturelle, notre préoccupation principale est de nous unir à Dieu, Souverain Bien, digne d’un amour infini.

En somme, la méditation est un trésor à conserver, un germe à faire fleurir, une grâce à faire fructifier. Bien faite, soignée, cordiale et généreuse, elle vous imprégnera de l’esprit de Jésus-Christ, Voie, Vérité et Vie (Jn 14, 6). Cette profonde vie intérieure, siège de la grâce par excellence, est éminemment pratique. Elle rejaillit naturellement sur la conduite en l’ornant de la suavité des vertus les plus solides : prudence, force, justice, tempérance, douceur, humilité, obéissance, amabilité, patience. La vie intérieure rend la religion éminemment aimable. Elle fait de celui qui la cultive un instrument de Dieu pour la conversion des âmes. Elle est l’Ame de tout Apostolat (Voir le livre de Dom J. B. Chautard) et nous procure la vraie dévotion :

« Qui n’est autre qu’une agilité et vivacité spirituelle par le moyen de laquelle la charité fait ses actions en nous, ou nous par elle, promptement et affectionnément ; et comme il appartient à la charité de nous faire généralement et universellement pratiquer tous les commandements de Dieu, il appartient aussi à la dévotion de les nous faire faire promptement et diligemment »

Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, Partie I, chapitre 1

La sainte Vierge méditait de façon presque constante, en repassant dans son cœur toutes les manifestations de l’amour de Dieu dont elle était témoin au quotidien, comme nous l’évangéliste saint Luc, qui a si bien connu la sainte Vierge :

« Marie conservait toutes ces choses, les repassant dans son cœur »

Lc 2, 19

La méditation est donc profitable à tous. Elle doit être adaptée aux capacités et aux occupations de chacun et ne doit pas empiéter

  1. sur les pratiques fondamentales de la vie de prière (prière du matin et du soir, chapelet)
  2. sur l’apprentissage de la religion
  3. sur l’acquittement de notre devoir d’état (dont les deux premiers points font partie)

Il est très utile d’avoir l’avis de son directeur spirituel sur ces points pratiques.

Il existe dans l’Eglise catholique plusieurs méthodes sûres et éprouvées permettant de s’exercer à la méditation. L’une d’entre elles est la méthode dite sulpicienne (issue de la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice et en particulier de son fondateur le Père Ollier, maître de « l’école française de spiritualité »). Vous pouvez trouver sur ce site un exposé de la méthode sulpicienne et plusieurs méditations réalisées dans cet esprit par le R. P. Jean-Marie Hamon, curé de Saint-Sulpice entre 1851 et 1874. De tout notre cœur, nous souhaitons que ces méditations vous soient profitables.

Mathis C.


Méthode sulpicienne

L’ouvrage du père Hamon a été rédigé selon la méthode de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-Sulpice. Elle comporte :

  • Une préparation :
    • Eloignée
    • Prochaine
    • Immédiate
  • Un corps :
    • L’adoration
    • La communion à l’esprit de Jésus-Christ
    • La coopération
  • Une conclusion :
    • Une action de grâce
    • Un acte de contrition
    • Une demande de bénédiction
    • La formation d’un bouquet spirituel
    • Le don à la Très Sainte Vierge

1° Partie : Préparation

Eloignée1°Pureté de conscience : fuite du péché véniel consenti

2° Mortification des passions

3° Recueillement habituel
Prochaine1° La veille au soir, à l’aide d’un livre de méditations, faire le choix du sujet d’oraison et déterminer d’une façon précise :

a) ce qu’il faudra adorer en Jésus-Christ
b) les considérations et les demandes qu’il faudra faire
c) les résolutions qu’il faudra prendre


2° Se tenir dans un grand recueillement jusqu’au lendemain matin.


3° Après son lever, prendre le premier moment libre pour vaquer, durant le temps convenu, à ce saint exercice.
Immédiate 1° Se mettre en la présence de Dieu qui est partout, et surtout en notre cœur

2° S’humilier devant Dieu au souvenir de ses péchés. Contrition. [Récitation du Confiteor]

3° Se reconnaître incapable de prier comme il faut. Demander à Dieu la grâce de bien imprimer ses saints conseils dans nos cœurs et la force de les mettre en œuvre. [Invocation au Saint-Esprit : récitation du Veni, Sancte Spiritus]

2° Partie : Corps de l’oraison (pendant la lecture de la méditation)

Adoration1° Considérer en Dieu, en Notre-Seigneur ou en quelque Saint le sujet à méditer

2° Lui rendre nos devoirs : adoration, admiration, louanges, actions de grâces, amour, joie ou compassion
Communion1° Se convaincre de la vérité considérée, par des motifs de foi ou par raisonnement

2° Faire réflexion sur soi avec des sentiments de contrition pour le passé, de confusion pour le présent, de désir pour l’avenir pour toutes les fois où nous sommes allés contre ces divins conseils et ces saintes vérités

3° Demander à Dieu la vertu sur laquelle on médite. Demander aussi toutes les autres grâces dont nous avons besoin;
Coopération Produire de pieux et affectueux mouvements du cœur vers Dieu. [Prendre une résolution particulière, présente, efficace, humble]

3° Partie : Conclusion

  1. Remercier Dieu de nous avoir souffert en sa présence dans l’oraison et de nous y avoir accordé tant de grâces.
  2. Lui demander pardon de nos fautes et de nos négligences dans ce saint exercice.
  3. Le prier de bénir nos résolutions, la journée présente, notre vie, notre mort.
  4. Former un bouquet spirituel, c’est-à-dire choisir une des pensées qui nous ont plus davantage, pour nous en souvenir dans la journée et rappeler nos résolutions.
  5. Confier le tout à la Très Sainte Vierge [par un je vous salue Marie ou encore avec le Souvenez-vous à la sainte-Vierge]

Le Rosaire et la Sainteté – Présentation du livre du R.P. Hugon

« Le rosaire est la dévotion distinctive des vrais catholiques »

Pour chaque partie, nous vous proposons un résumé et un lien PDF vers le texte du R.P. Hugon.

Citations et prières édifiantes

Prière d’abandon de Mme Elisabeth (soeur de Louis XVI, guillotinée en 1794, vénérable)

« Mon Dieu, je crois à Votre infinie bonté, non seulement à cette bonté qui embrasse le monde, mais à cette bonté particulière et toute personnelle qui aboutit à cette misérable créature que je suis, et qui dispose tout pour son plus grand bien… Et c’est pourquoi, Seigneur, même quand je ne vois pas, quand je ne comprends pas, quand je ne sens pas, je crois que l’état où je me trouve et tout ce qui m’arrive est l’oeuvre de votre amour; et de toute ma volonté, je le préfère à tout autre état, qui me serait plus agréable, mais qui viendrait moins de Vous. Je me mets entre Vos mains: faites de moi ce qu’il Vous plaira, ne me laissant que la consolation de Vous obéir… Ainsi soit-il ! Oui vraiment Messire Dieu premier servi. »


Saint Pie X

« Je tiens très certainement et professe sincèrement que la foi n’est pas un sentiment religieux aveugle qui émerge des ténèbres du subconscient sous la pression du cœur et l’inclination de la volonté moralement informée, mais qu’elle est un véritable assentiment de l’intelligence à la vérité reçue du dehors, de l’écoute, par lequel nous croyons vrai, à cause de l’autorité de Dieu souverainement véridique, ce qui a été dit, attesté et révélé par le Dieu personnel, notre Créateur et notre Seigneur. »


Sur la foi – Richard de Saint-Victor, De Trinitate, l. I, c. 2

« Ce qu’il y a ici d’admirable, c’est que, pour nous tous, les vrais fidèles, rien n’est plus certain que notre adhésion aux vérités de la foi. Car la révélation faite d’en haut à nos pères a été confirmée divinement par des signes et des prodiges si multiples, si éclatants, si extraordinaires, qu’il semble que ce serait une folie caractérisée d’éprouver à leur sujet le moindre doute. Les miracles innombrables et d’autres faits qui ne peuvent être que divins emportent ici la conviction et rendent le doute impossible. Quand il s’agit d’attester et aussi de confirmer ces vérités, les signes sont, pour nous, des arguments, les prodiges tiennent lieu d’expérience.

Ah ! si les juifs voulaient être attentifs, si les païens voulaient y réfléchir ! Avec quelle sécurité de conscience sur ce point nous pourrons comparaître au tribunal de Dieu. Ne serons-nous pas fondés à lui dire en toute assurance : « Seigneur, s’il y a erreur, c’est vous-même qui nous avez trompés : devant nous, pour confirmer ces dogmes, il y a eu de tels signes, de tels prodiges, que vous seul pouviez accomplir ! Assurément ce sont des hommes d’une sainteté éminente qui nous les ont transmis ; c’est un témoignage authentique, de valeur suprême qui les a garantis : vous-mêmes coopériez et confirmiez ces paroles par les signes qui les accompagnaient. » Et voilà pourquoi les vrais fidèles sont disposés à mourir pour la foi plutôt que de la renier. Assurément aucune adhésion n’est plus ferme que celle qui est donnée aux vérités atteintes par une foi résolue. »


Léon XIII, extrait de la lettre encyclique sur le Rosaire Supremi apostolatus Officio, 1er septembre 1883

« Ce fut toujours le soin principal et solennel des catholiques de se réfugier sous l’égide de Marie et de s’en remettre à sa maternelle bonté dans les temps troublés et dans les circonstances périlleuses. Cela prouve que l’Eglise catholique a toujours mis, et avec raison, en la Mère de Dieu, toute sa confiance et toute son espérance. En effet, la Vierge exempte de la souillure originelle, choisie pour être la Mère de Dieu, et par cela même associée à lui dans l’œuvre du salut du genre humain, jouit auprès de son Fils d’une telle faveur et d’une telle puissance que jamais la nature humaine et la nature angélique n’ont pu et ne peuvent les obtenir. Aussi, puisqu’il lui est doux et agréable par-dessus toute chose d’accorder son secours et son assistance à ceux qui les lui demandent, il n’est pas douteux qu’elle ne veuille, et pour ainsi dire qu’elle ne s’empresse d’accueillir les vœux que lui adressera l’Eglise universelle.
Cette piété, si grande et si confiante envers l’Auguste Reine des cieux, n’a jamais brillé d’un éclat aussi resplendissant que quand la violence des erreurs répandues, ou une corruption intolérable des mœurs, ou les attaques d’adversaires puissants, ont semblé mettre en péril l’Eglise militante de Dieu.
L’histoire ancienne et moderne et les fastes les plus mémorables de l’Eglise, rappellent le souvenir des supplications publiques et privées à la Mère de Dieu, ainsi que les secours accordés par Elle, et en maintes circonstances la paix et la tranquillité publiques obtenues par sa divine intervention. De là ces qualifications d’Auxiliatrice, de Bienfaitrice, et de Consolatrice des chrétiens, de Reine des armées, de Dispensatrice de la victoire et de la paix, dont on l’a saluée. Entre tous ces titres, est surtout remarquable et solennel celui qui lui vient du Rosaire, et par lequel ont été consacrés à perpétuité les insignes bienfaits dont lui est redevable le nom de chrétien »


Matthieu 16:24-26

24 Alors Jésus dit à ses disciples: « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à soi-même, qu’il prenne sa croix et me suive.
25 Car celui qui voudra sauver sa vie, la perdra; et celui qui perdra sa vie à cause de moi, la trouvera.
26 Et que sert à un homme de gagner le monde entier, s’il vient à perdre son âme ? Ou que donnera un homme en échange de son âme ?


L’Imitation de Jésus-Christ – Adaptation en vers de Pierre Corneille Chapitre XXXII – Qu’il faut renoncer à soi-même et à toutes les convoitises

– Jésus-Christ –
Cherche la liberté comme un bonheur suprême ;
Mais souviens-toi, mon fils, de cette vérité,
Qu’il te faut renoncer tout à fait à toi même,
Ou tu n’obtiendras point d’entière liberté.
Ceux qui pensent ici posséder quelque chose
La possèdent bien moins qu’ils n’en sont possédés ;
Et ceux dont l’amour-propre en leur faveur dispose
Sont autant de captifs par eux-mêmes gardés.
Les appétits des sens ne font que des esclaves ;
La curiosité comme eux a ses liens,
Et les plus grands coureurs ne courent qu’aux entraves
Que jettent sous leurs pas les charmes des faux biens.
Ils recherchent partout les douceurs passagères
Plus que ce qui conduit jusqu’à l’éternité ;
Et souvent pour tout but ils se font des chimères,
Qui n’ont pour fondement que l’instabilité.
Hors ce qui vient de moi, tout passe, tout s’envole ;
Tout en son vrai néant aussitôt se résout ;
Et pour te dire tout d’une seule parole,
Quitte tout, mon enfant, et tu trouveras tout.
Tu trouveras la paix, quittant la convoitise
C’est ce que fortement il te faut concevoir :
Du ciel en ces deux mots la science est comprise ;
Qui les pratique entend tout ce qu’il faut savoir.


Père Augustin du Très Saint-Sacrement, ancien juif converti au catholicisme

« Le bonheur, je l’ai cherché dans la vie élégante, dans l’étourdissement des bals et des fêtes ; je l’ai cherché dans la possession de l’or, dans les émotions du jeu, dans l’intimité des hommes célèbres, dans tous les plaisirs des sens et de l’esprit… La plupart des hommes se trompent sur la nature même du bonheur; et ils le cherchent là où il n’est pas… On aime le bonheur, et Jésus-Christ, seul bonheur possible, n’est pas aimé… Ô mon Dieu ! Est-ce possible ? L’Amour n’est pas aimé ! Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas connu. On étudie tout, excepté Lui… Ô vous tous qui m’écoutez, faut-il donc que ce soit un Juif qui vienne supplier des Chrétiens d’adorer Jésus-Christ ?… Mais, dira-t-on : « Je ne crois pas en Jésus-Christ ». Et moi non plus je n’y croyais pas, et c’est précisément pour cela que j’étais malheureux ! »


Saint Augustin (In Evangelium Ioannis, tractatus XXVI, 13)

Ô sacrement de piété ! ô symbole d’unité ! ô lien de charité ! Celui qui veut vivre sait où est pour lui la source de la vie. Qu’il s’approche donc, qu’il croie, qu’il soit incorporé pour entrer en participation de la vie. Qu’il ne fuie point l’étroite union avec les membres; qu’il ne soit point un membre corrompu qui mérite d’être retranché, un membre difforme dont le corps ait à rougir ; qu’il se recommande à la fois par la beauté, la proportion, la santé ; qu’il s’attache é

10. Rosaire et sainteté parfaite

Extrait du livre « Rosaire et Sainteté » du R.P. Hugon

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Le Père Hugon s’adresse ici tout spécialement aux religieux. Cependant, Dieu nous appelle tous à la perfection et nous sommes tous tenus de pratiquer l’esprit des conseils évangéliques d’obéissance, de pauvreté et de chasteté selon notre état. Les quatrième (obéissance), sixième et neuvième (chasteté), septième et dixième commandements (pauvreté d’esprit contre l’avarice) ne prescrivent pas autre chose. La pratique de ces vertus et l’observation de ces commandements nous détournent et nous préservent de l’orgueil, des concupiscences de la chair (luxure) et des yeux (avarice) pour nous pousser à réaliser toujours plus parfaitement et dans tous les champs de notre vie le premier de tous les commandements qui résume tous les autres et définit la perfection chrétienne ici-bas :

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tout ton esprit. C’est là le plus grand et le premier et le premier commandement. Mais le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Dans ces deux commandements sont renfermés la loi et les prophètes »

Matthieu: 22, 35-40

Nous devons tous désirer tendre sans cesse à la perfection de l’amour dans la perfection du sacrifice. Notre-Seigneur nous a aimés par le sacrifice. Nous devons répondre par le sacrifice de notre volonté propre, de nos ambitions déréglées, de nos affections désordonnées qui entravent l’acte d’amour de Dieu que doit constituer chaque instant de notre vie. Cela implique de notre part une volonté ferme d’éviter tout péché véniel délibéré. Sans jamais nous décourager, nous devons nous relever en mettant notre confiance en Dieu qui nous a livré son Fils par amour pour nous. C’est dans notre vie quotidienne que doit se manifester cette sainteté et y fleurir.

C’est dans notre vie quotidienne que doit
se manifester cette sainteté et y fleurir.

Le Rosaire bien fait nous donne un moyen admirable d’atteindre cette perfection de l’amour dans la perfection du sacrifice. Nous y admirons Jésus comme le modèle parfait de la sainteté, de l’homme vraiment religieux qui a Dieu pour principe et pour fin et qui fait tout dans une dépendance absolue et toute amoureuse à l’égard de son Père, pour réparer la faute originelle et nos désordres qui proviennent au contraire d’un désir d’absolue indépendance, nous détournant du Dieu trois fois saint, de la Bonté Infinie, de notre Créateur et Seigneur.

Dès l’Incarnation, Jésus accepte de prendre la nature humaine limitée, fragile, souffrante, lui qui en tant que Dieu est infini et parfait, tout-puissant, bienheureux. Retrouvé au temple, il était tout entier aux affaires de son Père. En portant la Croix et en y étant attaché pour y expirer, Jésus s’offre pour rétablir le sacrifice d’adoration dû à Dieu, il pense à rétablir la justice entre les hommes et Dieu et à tous les biens extraordinaires qui découleront de ce sang : l’Église, les sacrements, les saints, la profusion de la grâce et la glorification de Dieu.

Dans tous les mystères on voit Jésus pauvre, Jésus obéissant, Jésus vierge, modèle parfait de l’accomplissement de la volonté de Dieu. Nous pourrions résumer sa vie ainsi : Mon Père, que votre volonté soit faite, non la mienne.
Marie l’a parfaitement accompagné : qu’il me soit fait selon votre parole. Ayons donc un vif désir de la perfection en vue du bonheur éternel. Demandons constamment dans nos prières la grâce de tendre vers cette perfection. Laissons-nous guider par les exemples du Rosaire en suivant Jésus qui est notre voie et notre vie.

Laissons Marie nous prendre par la main et nous conduire à son divin Fils, elle qui est vraiment tout à Dieu et n’a jamais commis le moindre péché véniel.


Fête de Marie-Reine · Encyclique Ad Cœli Reginam

Le 11 octobre 1954, cent ans après la proclamation de l’Immaculée Conception par Pie IX, Pie XII institue la fête de Marie-Reine au 31 mai. Le Pape nous rappelle les fondements de la royauté de Marie et nous exhorte à toujours plus aimer une si bonne mère. Voici un résumé de l’encyclique et un fichier pdf qui contient l’encyclique elle-même dans son intégralité.



L’espérance mise en la Mère de Jésus-Christ n’a jamais été déçue. La foi qui proclame que la Sainte Vierge Marie règne sur l’univers entier couronnée dans la gloire du ciel ne s’est jamais affaiblie. Il faut donc recourir à Marie notre Reine avec amour et confiance. L’encyclique ne propose pas une nouvelle vérité à croire puisque les arguments en faveur de la royauté de Marie sont abondamment formulés dans les documents anciens de l’Église et les livres liturgiques.

Royauté de Marie dans les documents anciens

Celle dont est né le Fils du Très-Haut, « Rois des rois et Seigneur des Seigneurs », par son union intime avec ce divin Roi, a reçu des privilèges uniques, dont la dignité royale.

Saint Ephrem (306-373) la prie ainsi : « … noble jeune fille et patronne, Reine, Maîtresse, garde-moi, protège-moi, de peur que Satan auteur de tout mal ne se réjouisse à mon sujet et que le criminel adversaire ne triomphe de moi »

Saint Jérôme (347-420) s’exprime ainsi : « Il faut savoir qu’en syriaque Marie signifie Souveraine »

Saint André de Crète (660-740) appelle Marie « Reine de tout le genre humain » et saint Jean Damascène (675-749) « Reine, Patronne, Souveraine [de toutes les créatures] »

Les témoignages sont innombrables, l’encyclique en énumère davantage sans les épuiser pour autant. Ainsi, les théologiens de l’Église et les Papes ont définir la doctrine de la Très Sainte Vierge Reine de toutes les créatures, Reine du monde, Souveraine de l’Univers.

Une lettre de Grégoire II (669-731) lue durant le septième Concile œcuménique convoqué à Nicée (787), donne à Marie le titre de « Souveraine universelle et vraie Mère de Dieu »; et Sixte IV (1414-1484) celui de « Reine du Ciel et de la terre » dans sa lettre Cum praeexcelsa (1476). Saint Alphonse de Liguori (1696-1787) résume ainsi que « puisque la Vierge Marie a été élevée à la dignité si haute de Mère de Dieu, c’est à bon droit que l’Eglise lui a décerné le titre de Reine ».

Royauté de Marie dans les livres liturgiques

La liturgie est le fidèle miroir de la foi transmise par les anciens et crue par le peuple chrétiens : lex orandi, lex credendi. Elle a toujours chanté les louanges de la Reine des cieux.

En Orient: « Je dirai un hymne à la Mère Reine, et je m’approcherai d’elle avec joie pour chanter dans l’allégresse ses merveilles… O Souveraine, notre langue ne peut te chanter dignement, parce que Tu es plus élevée que les Séraphins, Toi qui as engendré le Christ Roi… Salut, ô Reine du monde, salut ô Marie, Souveraine de nous tous »

L’Église latine chante le « Salve Regina » ou le « Regina coeli, laetare » et les antiennes chantées pour l’Assomption proclament « Aujourd’hui la Vierge Marie est montée aux cieux : réjouissez-vous, car elle règne avec le Christ à jamais ».

L’art chrétien également représente abondamment Marie en Reine et en Impératrice, et les souverains pontifes ont toujours loué et favoriser cette authentique piété populaire.

Raisons théologiques de la royauté de Marie

L’argument principal sur lequel se fonde la dignité royale de Marie est sa maternité divine. Ainsi, la « Mère du Seigneur » (Luc. 1, 43), Seigneur dont le « règne n’aura point de fin » (Luc. 1, 33) « est vraiment devenue la Souveraine de toute la création au moment où elle devint Mère du Créateur » (St. Jean Damascène).

La Bienheureuse Vierge Marie doit aussi être proclamée Reine parce que selon la volonté de Dieu, elle joua un rôle éminent dans l’œuvre de notre salut éternel. En effet, Jésus-Christ est Roi non seulement par nature, mais aussi par conquête, puisqu’il nous a rachetés au prix de son sang (Pie XI, Quas Primas, 1925). Ainsi:

« Comme le Christ pour nous avoir rachetés est notre Seigneur et notre Roi à un titre particulier, ainsi la Bienheureuse Vierge est aussi notre Reine et Souveraine à cause de la manière unique dont elle contribua à notre Rédemption, en donnant sa chair à son Fils et en l’offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d’une manière toute spéciale » (Suarez (1548-1617))

On pourra donc légitimement en conclure que, comme le Christ, nouvel Adam, est notre Roi parce qu’il est non seulement Fils de Dieu, mais aussi notre Rédempteur, il est également permis d’affirmer, par une certaine analogie, que la Vierge est Reine, et parce qu’elle est Mère de Dieu et parce que comme une nouvelle Eve, elle fut associée au nouvel Adam

Pie XII, Coeli Reginam

L’excellence souveraine et la dignité royale de Marie se déduit de sa plénitude de grâce.  En effet: Dieu « a enrichi Marie avec munificence de tous les dons célestes, puisés au trésor de la divinité ; aussi, toujours préservée des moindres souillures du péché, toute belle et parfaite, elle a atteint une telle plénitude d’innocence et de sainteté qu’on ne peut en imaginer de plus grande en dessous de Dieu et que jamais personne, sauf Dieu lui-même, ne réussira à la comprendre » (Pie IX, Ineffabilis Deus, 1854)

La Sainte Vierge possède donc un pouvoir « presque sans limites » (Léon XIII, Adjutricem populii, 1895) pour concéder des grâce, office qu’elle remplit « pour ainsi dire de droit maternel » (Saint Pie X, Ad diem illum, 1903)

Nous, chrétiens, devrions nous glorifier à chaque instant d’être soumis à l’empire de la Vierge Marie dont le cœur brûle d’amour maternel.

Institution de la fête de Marie Reine

Pie XII finit par décréter l’institution de la fête de Marie Reine, qui se célébrera chaque année dans le monde entier le 31 mai, pour que cette vérité si solidement établie et si nécessaire au salut des hommes soit mieux connue et rendue plus resplendissante aux yeux de tous.

Il nous exhorte ensuite :

« Que le nom de Marie, plus doux que le nectar, plus précieux que n’importe quelle gemme soit l’objet des plus grands honneurs ; que personne ne prononce des blasphèmes impies, signe d’une âme corrompue, contre un nom qui brille d’une telle majesté ; qu’on n’ose même rien dire qui trahisse un manque de respect à son égard. »

« Que tous s’efforcent selon leur condition de reproduire dans leur cœur et dans leur vie, avec un zèle vigilant et attentif, les grandes vertus de la Reine du Ciel, Notre Mère très aimante. »

« Que personne, donc, ne se croie fils de Marie, digne d’être accueilli sous sa puissante protection, si, à son exemple, il ne se montre doux, juste et chaste, et ne contribue avec amour à la vraie fraternité, soucieuse non de blesser et de nuire, mais d’aider et de consoler. »

Pour enfin souhaiter l’établissement d’une véritable paix chrétienne, en ces temps troubler par les ravages du communisme athée et l’impiété du laïcisme libéral :

« Quiconque donc honore la Souveraine des Anges et des hommes l’invoque aussi comme la Reine très puissante, médiatrice de paix […] qui n’est ni injustice impunie ni licence effrénée mais concorde bien ordonnée dans l’obéissance à la volonté de Dieu« 

9. Rosaire, source de la sainteté

Extrait du livre « Rosaire et Sainteté » du R.P. Hugon

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Le Rosaire n’est qu’une suave union à Jésus et à l’Esprit-Saint, à la tête et au cœur de l’Église, un accès à la source de la grâce et une voie vers la sainteté.


Dieu veut que nous soyons saints comme lui. Il nous consacre et nous sanctifie à tous les moments de notre vie par le baptême, la confirmation, l’extrême-onction, et dans tous nos états de vie avec le mariage, l’ordre, les vœux. Le chrétien est un consacré à Dieu. Il est marqué du sceau de Jésus-Christ. Cette sainteté est cependant ordonnée à La Sainteté : la vie de la grâce, l’union à Dieu par la grâce en attente de la vision béatifique qui n’est que l’épanouissement et la fleur de ce germe d’éternité. La vie de la grâce, c’est-à-dire la vie chrétienne, est un commencement du paradis, un germe de la Gloire du ciel, semen gloriae.

La sainteté est une participation à l’être même de Dieu. Par la grâce qu’il infuse dans notre âme, nous le connaissons comme il se connaît, nous vivons de sa vie, nous aimons de son amour. Nous devrions pouvoir et surtout vouloir dire à chaque instant : Ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus qui vit en moi.

Or le rosaire nous communique cette sainteté qui est la vie même de Dieu. Les organes de la vie sont la tête et le Cœur. La tête, c’est Jésus-Christ car il est au premier rang et que toutes les grâces qui alimentent les membres passent par Lui (Nous l’avons vu plein de grâce et de vérité et nous avons été enrichis de sa plénitude); le cœur c’est l’Esprit-saint qui opère de façon invisible mais irrésistible pour lancer la vie et la grâce dans toute l’Église.

Pour avancer en perfection et avoir le salut, il faut être uni à la tête et au cœur. Dans chaque mystère nous touchons Jésus dans ses intentions, ses pensées, ses actions, sa vertu, son amour, qui impriment en nous un mouvement toujours plus irrésistible d’union totale à Dieu. Dans chaque mystère, nous voyons l’Esprit-Saint agir en faisant concevoir la Vierge Immaculée, tressaillir Jean-Baptiste ou enflammer les Apôtres.

Aimons méditer avec intelligence et piété ces mystères qui nous font vivre avec Jésus et aimer avec l’Esprit-Saint, et donc nous met en présence du Père et nous repose sur le sein de la Trinité.

Ô Marie, intercédez pour moi, misérable pécheur, et obtenez-moi la grâce de la sainteté !


8. Rosaire et saint Joseph

Extrait du livre « Rosaire et Sainteté » du R.P. Hugon

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Jésus, Marie, Joseph, trois noms indissociables que nous devons inscrire dans nos cœurs.

Saint Joseph est le patron de tous les chrétiens parce qu’il est le patron universel de l’Église. Nous trouvons tous en lui un modèle, un père, un protecteur, un ami. Ne séparons pas ce que Dieu a uni : quand nous méditons sur Jésus et Marie, pensons à Joseph !


La méditation du rosaire nous fait connaître le rôle glorieux de saint Joseph par rapport à l’Incarnation et à la Rédemption.

Jésus, Marie, Joseph sont tous les trois vierges, tous les trois associés dans une vie commune, tous les trois associés dans des souffrances communes.

Saint Joseph a de véritable droits sur Jésus et Marie. Sur Marie qui lui appartient comme son épouse. Sur Jésus qui appartient à saint Joseph comme fils de son épouse. Jésus et Marie ont été confiés à saint Joseph pour qu’il veille sur eux et participe ainsi à l’œuvre de l’Incarnation rédemptrice.

Saint Joseph a répondu de la plus sainte des manières à ce dessein de la Providence. Inspirons nous de sa sainteté, de son attention et de sa soumission à la volonté de Dieu, de sa force et de son humilité.

Joseph était un homme juste (Mt, 1, 19) nous dit la sainte Écriture, ni plus, ni moins: Juste. Ce seul mot indique la pureté et la simplicité extraordinaires de saint Joseph: il était tout entier dévoué à accomplir la volonté de Dieu, tout entier ordonné à Dieu. Des mots supplémentaires dilueraient l’unité surnaturelle qui caractérisait son action. Il était juste, point. Travaillons-nous être juste, à commencer par la fidélité dans les plus petites choses : accepter tranquillement même les plus petites contradictions qui peuvent se rencontrer dans une journée, faire toutes les actions indispensables de nos vies (lever, coucher, manger, conversation, déplacement, travail domestique) paisiblement, sans empressement et le plus parfaitement possible sous le regard de Dieu.

Avec une mission si élevée et des droits si grands sur Jésus et Marie, saint Joseph devait être d’une sainteté suréminente. Dans l’intimité de la sainte famille, la grâce de Jésus et Marie rejaillissait sur son âme.

Le rosaire fait rayonner l’histoire et le rôle de ce très chaste époux. Dans les mystères joyeux, il apparaît tout d’abord lors de l’Annonciation comme l’humble et obéissant époux qui se soumet aux décrets de Dieu malgré ses angoisses; lors de la Nativité, de la Purification, du Recouvrement au Temple, comme le père nourricier de Jésus. Dans les mystères douloureux, après la crucifixion, Jésus descend dans les limbes et nous imaginons la béatitude de saint Joseph retrouvant Jésus. Dans les mystères glorieux, saint Joseph triomphe toujours aux côtés de Jésus, qu’il a élevé et fait grandir.

L’Église est la continuation de l’Incarnation à travers les siècle. Dès lors saint Joseph doit avoir dans l’Église un rôle analogue à celui qui fut le sien dans l’Incarnation : le patron, la figure tutélaire et protectrice. Raison pour laquelle Pie IX le déclare officiellement Patron de l’Église universelle en 1870.

Saint Joseph est véritablement intercesseur pour toutes les grâces, ministre des trésors spirituels, patron de toutes les conditions : enfants car il a protégé le plus parfait et le plus pur des enfants; familles car il fut à la tête de la plus sainte d’entre elles; ouvriers car il est le très saint charpentier de Nazareth; vierges car il est vierge, époux d’une vierge, père nourricier d’un Dieu vierge; prêtres car il a aussi reçu la mission de porter Jésus aux hommes, de vivre dans son intimité, de le faire aimer; affligés car il a souffert beaucoup par amour et fidélité à Dieu; exilés car la fuite en Égypte l’a éloigné de sa patrie.


7. Rosaire et Marie patronne de la bonne mort

Extrait du livre « Rosaire et Sainteté » du R.P. Hugon

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Par la méditation du Crucifiement et de l’Assomption, Marie nous obtient la grâce de la persévérance finale et une mort heureuse. Dans chaque Ave Maria : « Priez pour nous maintenant et à l’heure de notre mort » est contenue une grâce de pieuse et sainte mort.


Le jour de la mort est le jour le plus solennel. C’est le jour du Seigneur, dies Domini. C’est aussi le jour de Marie qui nous bénit, nous sourit, nous soutient à ce moment si grave.

Le mourant est tourmenté par ses péchés passés, l’enfer qui pourrait l’attendre dans le futur et la justice de Dieu à la lumière de laquelle il va être jugé présentement. En même temps, Marie le console par la vision de tous les bienfaits reçus d’elle depuis le baptême, l’espérance du ciel où Marie triomphe avec les bienheureux, enfin la miséricorde divine et le sourire de Marie. Soyons vraiment dévots à Marie pour faire une mort joyeuse et paisible.

Marie nous prépare à faire une bonne mort. Grâce à son intercession et à sa présence dans l’esprit et le cœur des fidèles, Dieu les fait mourir au meilleur moment pour eux: jeune, vieux, un an plus tôt ou plus tard de sorte que nous soyons sauvés.

Marie nous assiste au moment de la mort. Dieu a voulu que son Fils soit formé et meurt sous les yeux de Marie, il veut que ses fils adoptifs par la grâce soient formés par Marie et assistés par Marie quand ils meurent.

Marie fait fuir le démon au moment de la mort: Si elle est avec nous, qui sera contre nous ?

Grâce à la Sainte Vierge, le trépas devient un breuvage qu’on savoure avec délices.


6. Rosaire et Marie mère de la grâce

Extrait du livre « Rosaire et Sainteté » du R.P. Hugon

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Basilique Marie Auxiliatrice – Turin

Aucune grâce ne vient du ciel sur la terre sans avoir passé par les mains de Marie

Saint bernard

La grâce n’est produite que par Dieu. Pour nous, elle est essentiellement et principalement méritée par Jésus Homme-Dieu, notre médiateur qui a satisfait pour nos péchés. Jésus est la source de la grâce et de tous les biens spirituels qu’ils répand par la Messe, les sacrements, l’autorité spirituelle de son Église.

Si Jésus-Christ est l’unique réservoir des eaux fécondes du salut, Marie est le canal qui les fait arriver jusqu’à nous ; elle n’est pas la source, car elle-même a tout reçu de son Fils, mais il faut passer par elle pour aller à la source ; elle ne produit pas elle-même la grâce, puisque la grâce est une participation de Dieu, mais elle est la distributrice des grâces.

Les trésors de satisfaction qu’elle a mérités nous sont tous consacrés puisqu’elle-même est immaculée et qu’elle n’en a pas besoin. L’Église nous les applique par les indulgences.

Les mérites et les trésors de Jésus nous sont transmis par le Cœur de Marie ; nos mérites et notre amour arrivent à Jésus par le Cœur de sa Mère.

Le Rosaire est l’histoire de Marie. Ainsi, il est un excellent moyen de puiser dans ce canal de la grâce qu’est Marie. Le Rosaire nous fait toucher l’âme et la grâce de la Sainte Vierge en nous mettant en contact avec les Mystères qui font revivre les mérites et les satisfactions presque infinis de son Cœur immaculé ! 


5. Rosaire et Marie modèle de la prédestination

Livre du R.P. Hugon

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L’Assomption – Pierre-Paul Prud’hon

Le rosaire donne à Marie la place qui est la sienne dans le plan de Dieu : corédemptrice et médiatrice de toutes les grâces. Nous allons à Dieu par Marie, comme Dieu est venu à nous par Marie.

Le Rosaire et la Sainteté – R.P. Hugon

Marie est, avec l’Eucharistie, un Testament que Jésus nous donna en témoignage de son amour infini pour nous. Quoi de plus chères aux hommes que les choses qui furent précieuses à leurs bien-aimés défunts ? Alors que sera-ce des dons et du Testament d’un Dieu lui-même mort pour nous ? Remercions Dieu par la prière, la confiance et la pratique des vertus pour ces dons d’une inestimable valeur ! Aimons Marie tant que notre cœur bat encore, et dédions lui chacun de ses battements.

Dans le rosaire, nous sommes comme l’enfant fragile, mais confiant et aimant, qui par ses cris répétés oblige sa mère à lui répondre. Dans le rosaire nous allons à Dieu par Marie comme Dieu est venu à nous par elle. Jésus est le modèle de la perfection et le moule des parfaits enfants de Dieu. Or le moule de Jésus, c’est Marie, par l’intermédiaire de qui Dieu a voulu que son fils soit connu, aimé, et immolé. Nous mouler en Marie, tout faire en Marie, par Marie, pour Marie, c’est tout faire de la plus parfaite des manières en Jésus, par Jésus, pour Jésus. La meilleure façon d’aimer Jésus, c’est d’aimer Marie qui n’existe et ne vit pour rien d’autre que pour cela : l’amour et la gloire de Dieu.

Tous nous avons été formés sur le modèle de Marie, notre mère. Dieu a mis en Marie tous les trésors de la grâce, elle est comme un « océan de grâce » dit le saint père de Monfort. Dieu se complait en Marie, chef d’œuvre de sa création, voulue ainsi dans un même décret éternel avec son divin fils, inséparable de ce divin fils, toute relative à ce divin fils. Quand Dieu a fait et prédestiné les époux, les vierges, les religieuses, les prêtres, il a regardé Marie et les a faits à son image comme étant leur modèle : modèle de générosité et d’amour maternel; modèle de pureté, de dévouement, de prière, de pauvreté; modèle d’abnégation, de sacrifice, d’imitation de Jésus et de rayonnement de la grâce vers les autres, de médiation entre Jésus et les hommes et d’avocate entre les hommes et Dieu. Nous avons tous, selon notre état, été sous quelque rapport moulés en Marie et créés par Dieu en rapport à Marie. Nous devons refléter ses vertus et vivre intimement unis à Marie pour être plus intimement unis à Jésus et plus fidèles aux desseins d’amour de Dieu sur nous.